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vendredi 22 février 2013

Un Top pas 10 de lectures numériques

J'ai pu lire, en 2012, quelques nouvelles numériques.Ces nouvelles n'existent qu'en numérique. Je fais donc un palmarès à part.
La création 100% numérique propose une littérature innovante. Mais encore faut-il sortir des sentiers battus (publie.net) parce que si l'on reste dans les grands chemins attendus (Amz** , F*A*, éditeurs de genres littéraires bien spécifiques...) on n'a rien de nouveau sous le soleil. Tout est dit dans cet article : "Le coup de gueule d'une lectrice numérique" parfaitement représentatif de mon avis.
Il ne faut pas empêcher ceux qui veulent lire de le faire, peu importe le support.
C'est de qualité dont il est aussi question. Ainsi, s'il existe énormément de livres numériques à bas prix, ils ne sont toutefois pas de grande qualité (remarquez l'euphémisme).

Je retiens donc les ebooks les plus nourrissants selon mes critères :

  1. "John Doe" de François Bon
    un recueil de textes courts sur la mort... sa lecture m'a perturbée ! cauchemars assurés
  2. "J'ai été Robert Smith" de Daniel Bourrion
    Je n'ai peut-être pas été Robert Smith dans ma jeunesse (ai-je seulement essayé d'être Courtney Love ?) mais cela m'a rappelé cet état d'esprit particulier durant cette période étrange à l'orée de l'âge adulte.
  3. "Locked in Syndrome" de G@rp (si c'est pas un auteur numérique !)
    enfermé dans la virtualité ou dans sa tête ? : SF ou réalité ? 
  4. "Incipit" de Daniel Bourrion
    encore un secret de famille, de village même, déroutant
  5. "Les baraques du Globe" de Didier Daeninckx
    Si j'avais connu mon ancien quartier du temps de ces bidonvilles je n'aurais pas eu besoin de le lire, ou bien si justement ! (mon premier livre numérique !!)
  6. "Cantique de la Paranoïa" de Daniel Bourrion décidément, lui c'est mon préféré, faut croire
    d'abord découvert sur son blog puis lu d'une traite dans les transports, de quoi nourrir ma parano,justement !
  7. "Ma mère est une fiction" de Chris Simon
    J'y ai vu une reflexion sur ce qui peut être mis ou pas en fiction, intéressant.
J'ai aussi aimé "la petite fille dans sa robe claire" et "19 francs" du même auteur mais si je le rajoute, on pourrait m'accuser de faire sa pub, de rechercher à tout prix la dédicace numérique (cela existe) ou encore de chercher la promotion, puisque c'est aussi un supérieur hiérarchique dans la lignée des bibliothécaires (mais universitaires). J'aime tout simplement beaucoup son style. Et il a beaucoup d'humour.
Il y a aussi Joachim Sene qui n'est pas dans mon top, j'ai dû mettre de côté son livre avant la fin de l'année...fin du palmarès.

L'inconvénient du texte court, c'est ce goût de trop peu. Mais on en redemande !

Dans le genre récit court et efficace, j'ai lu aussi La liseuse de Paul Fournel et je n'ai pas été plus emballée que ça... Je ne saurais dire pourquoi. Pas si novateur pour moi, peut-être.


Voilà, j'espère que ce tout petit aperçu de l'univers numérique vous donnera envie.
Je précise, car on en parle, que je lis sur ma liseuse (Kobo). Le confort y étant incontestable (là, ce sont mes yeux qui parlent). Je ne lis sur la tablette que le web, les blogs, etc. ainsi que le journal en PDF. Voilà. Précision, qui l'air de rien, a son importance.

vendredi 18 avril 2008

Aimé Césaire - Tam-tam de nuit

Tam-tam de nuit

train d'okapis facile aux pleurs la rivière aux doigts charnus fouille dans le cheveu des pierres mille lunes miroirs tournants mille morsures de diamants mille langues sans oraison fièvre entrelacs d'archet caché à la remorque des mains de pierre chatouillant l'ombre des songes plongés aux simulacres de la mer

D'origines martiniquaises, j'exprime ici une infime partie de ma négritude, certes diluée, mais toujours un peu là quand même, car je suis un peu triste aujourd'hui.

vendredi 11 janvier 2008

Citations & phrases choc

Tiré d'une nouvelle de Maupassant.
("Idylle" in le recueil "Miss Harriet")

Voici le contexte :
Deux personnes voyagent dans le même compartiment d'un train :
La jeune fille est une forte paysanne et le jeune homme (semble très pauvre) "avait ce teint noir des hommes qui travaillent la terre au grand soleil".
Quant ils découvrent qu'ils viennent tous les deux du même pays (ce sont des immigrés italiens), ils se mettent à tailler le bout de gras.
Et Maupassant, nous en informe.
Extrait :
"Ils dirent les longues choses banales que répètent sans cesse les gens du peuple et qui suffisent à leur esprit lent et sans horizon"
J'adore !

jeudi 20 décembre 2007

Traumatisme

La vision d'images violentes entraine une réaction dans le cerveau au niveau d'une zone précise. C'est la zone du traumatisme.
(D'où l'importance de surveiller les enfants quand ils regardent la télé.)

Pourquoi je parle de cela ?
Parce que j'ai lu le dernier livre de Chuck Palahniuk (Le mec qui a créé Fight club, vous savez le film avec Brad Pitt). Ce mec est pour moi un génie. (bon ok, y a un côté auteur culte presque merchandising... mais bon...)

Ce qu'il écrit c'est de l'eau de javel mélangée à de l'alcool à bruler qu'on aurait avalé cul sec.
C'est son style. Le genre enfonçage de clou au marteau piqueur. Il faut être accroché pour le lire, quoi !
Donc vous imaginez bien que j'adooooore ! (la fille, maso sur les bords)
J'aime d'autant plus qu'il dénonce pas mal de chose.
Il est très critique (et lucide aussi) sur notre médiocrité actuelle, celle qui nous transforme en consommateur plutôt qu'en citoyen, celle qui nous transforme en vache-à-lait-scotchée-sur-un canapé devant un programme rendant notre cerveau disponible à cocacola.... Il nous renvoi dans la gueule toute la laideur immonde qui fait notre société actuelle.

J'aime cette claque nécessaire.

Alors donc, j'attrape le dernier. Enfin revenu de la reliure (on équipe certains livres de manière à ce qu'ils soient encore plus solides). Il se nomme " A l'estomac".

Je sais bien que je ne m'attends pas à un roman qu'on appelle "détente" et qui ne sert que de la bouillie pour cerveaux ramollis incapables de lire autre chose qu'un truc niais qui n'apporte rien sinon l'impression d'une "détente" l'espace du temps nécessaire à sa lecture. (au lieu de quelque chose qui reste et qui apporte une certaine nourriture de l'esprit, mais ça c'est un autre problème). Bref, je m'y plonge. Je commence. Je lis. Je tourne les toutes premières pages. Je lis la première nouvelle intitulée "Tripes".

Et là, fatale erreur.

Et c'est là que j'ai un gros dilemme. Dois-je en parler au risque d'éveiller votre curiosité et être à l'origine de quelque chose de traumatisant ?
J'en ai parlé à des collègues, elles m'ont assurées que cela dépend toujours de la personnalité du lecteur, de son état d'âme. Il y aurait donc, autant de réactions que de lecteurs. Nancy l'a lu. Elle s'en souvenait à peine de cette nouvelle, tant cela ne l'a pas marqué, elle !

J'ai regardé sur internet, ce que j'aurais du faire avant. Il se trouve que la nouvelle en question a provoqué évanouissements et vomissements lors de sa lecture à haute voix par l'auteur.

J'ai mis plus de 3 jours à m'en remettre. Le choc. Le traumatisme. L'horreur. Je ne déconne pas ! Même ma chef s'inquiétait de mon état.

Vous me trouvez sensible ? Peut-être bien.
N'empêche que ce mec est capable de vous "traumatiser" au vrai sens du terme.
JE N AI JAMAIS VÉCU CELA AVANT
C'est donc sur, c'est un génie. Le choc des mots, vous connaissiez. Il y a le choix des mots. La façon d'écrire et indéniablement primordiale. En lisant, on conceptualise plus ou moins fortement.

Maintenant, que le choc est passé, je lis les autres nouvelles, et commence à voir où il veut en venir. C'est sûr, elles paraissent plus fades à côté de la première.
Un truc me chiffonne pourtant : la différence de style des nouvelles n'est pas assez flagrante. Elles sont pourtant censées être écrites par différentes personnes. Cela est peut-être fait exprès : genre on est tous conditionnés, donc on écrit la même chose. Cependant, il a une marque de fabrique, propre à lui seul : cette façon de tutoyer le lecteur. Ce truc revient à chaque "nouvelles". Cela me peine, me déroute, en termes littéraires. Chuck reste un génie mais moins pour la littérature que pour la dimension coup de poing...

En tous les cas, la nouvelle est sûr le web. Bon courage si vous vous lancez dans l'aventure Palahniukesque. C'est du costaud.